Conférence SEO à Bordeaux : Thomas Gibertie

Le Node Bordeaux (Aquinum) a reçu le 9 janvier dernier une conférence sur le SEO international. Les étudiants de La Digitale ont eut l’occasion d’interviewer Thomas Gibertie, dinosaure du SEO.

La Digitale : “ Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?”

Thomas Gibertie : “J’appartiens à une génération de dinosaures, par rapport au fait que vous avez des écoles qui vous forment au métier du web, moi je me suis formé sur le tas. Mais au départ j’ai fait une maîtrise de philosophie, après j’ai fait un Master II en Anthropologie historique sur la sémantique Aztèque. J’ai fait du droit également. Je suis parti sur un bateau aux Antilles, je suis rentré et je suis devenu chef de projet en architecture. Là, il y’a eu la crise des subprimes  et je me suis demandé ce que j’allais faire, je trouvais que le web c’était rigolo, le SEO encore plus car j’aime les jeux de stratégie, que l’on retrouve dans cette branche du web. Et puis ça ne ment pas le SEO ; on y est ou on y est pas (sur le moteur de recherche). Je me suis enfermé pendant un an et j’ai monté mes sites que j’ai travaillé sur le tas de manière complètement empirique. Petit à petit je suis arrivé à Atypicom et j’ai commencé à recruter des stagiaires qui me semblaient intéressant, à les former, et puis c’était Loic, Alex (les autres intervenants de la conférence) et maintenant, nous travaillons tous ensemble.”

La Digitale : “Quels sont les principaux facteurs humains à prendre en compte quand on fait du référencement?”

Thomas Gibertie : “Je pense qu’il y’a plusieurs approches, plusieurs agences, plusieurs manières de faire. Cela dépend de la culture aussi. Je ne peux pas parler à la place des autres mais en ce qui nous concerne (Atypicom), le SEO chasse en meute, c’est collectif. C’est à dire qu’à partir du moment où l’on commence à traiter des projets qui sont plus ou moins importants, il y’a besoin de compétences qu’une seule personne n’a pas entièrement en elle. Et donc y’a Loïc (employé chez Atypicom) qui a des compétences et des appétences que nous n’avons pas dans notre groupe. Pour ma part, je suis plutôt orienté gestion de projet, Alex (employé chez Atypicom) quant à lui, vient de Lettres Modernes et va plutôt être accès sur le texte et la sémantique et donc ce qui fonctionne chez nous c’est que nous formons un tout et une équipe.  La première chose pour nous, c’est le collectif, l’autocritique et la modestie.

En SEO, nous sommes toujours obligés de nous remettre en question, ça change tout le temps, ça évolue très vite et on ne peut jamais se dire « tiens j’ai raison, ça marche comme ça ». Pour conclure, je dirais que le collectif, la loyauté et la modestie sont à prendre en compte.”  

La Digitale : “Comment expliquez vous le succès de Google à l’international ?”

Thomas Gibertie : “Il doit son succès à la médiocrité des autres. Aucun moteur de recherche ne lui arrive à la cheville et il fait en sorte qu’aucun ne lui arrive à la cheville. De plus, ils sont arrivés au bon moment. Google a été créé en 1998. Ils ont fondés Adwords en 2000 qui est une machine à cash de ce capitalisme linguistique. Les autres moteurs de recherches croyaient qu’il suffisait de mettre des pubs un peu partout pour que ça marche. Google a fait le contraire et ils ont fait ça de façon discrète. Ils ont eu de bons investisseurs aussi. Ils ont été intelligents et extrêmement stratégiques, Google a une méthodologie de travail très intéressante de “stay by step” donc ils progressent petit à petit. En général quand ils livrent un produit il est impeccable.”

La Digitale : “Pour vous, Google sera toujours leader dans 10 ans ?”

Thomas Gibertie : “Non, dans le web on ne peut pas dire ça. Il y une époque que vous n’avez sûrement pas connue (étudiantes de la Digitale) où il y avait des moteurs de recherche qu’on imaginait indéboulonnables et d’une hégémonie totale. Ils n’existent même plus aujourd’hui, on ne sait même plus ce que c’est. Pour vous ce serait dans les livres d’histoire !”

La Digitale : “Malgré le monopole que Google a aujourd’hui ?”

Thomas Gibertie : “Oui, tout peut changer très rapidement! C’est pour ça qu’ils ont tendance à essayer d’énormément diversifier leurs ressources et pas justement de se contenter de faire de l’Adwords sur le Search, mais d’essayer d’autres sources de captation de valeur ajoutée sur d’autres secteurs très différents. Ça a l’air extrêmement puissant en réalité c’est quand même très précaire parce que c’est le web.”

La Digitale : “Quelle est la marche à suivre à google pour identifier les mots clés qui vont être vecteur d’audience sur le moteur ?”

Thomas Gibertie : “C’est une vaste question, ça demande un cours d’une vingtaine d’heures ! (rires)

C’est un rapport à 3 :

L’offre d’information avec les URL et les contenus,

L’intermédiaire « Google » au milieu qui fait 70/80% de l’audience globale d’un site.

De l’autre côté il y a la demande d’informations. La requête de l’utilisateur, et la première chose à chercher et à faire au travers des analyses statistiques dans Google Suggest, collecter les données, les analyser, les classer. C’est créer un alignement sémantique car les index de google s’alignent eux mêmes sur les requêtes des utilisateurs. Si vous alignez votre site sur les requêtes utilisateurs vous animez le site, sur la structure de google, donc la première chose à faire est de trouver cet alignement sémantique.

Si une personne tape sur google  “chaussure”, que vous y soyez ou pas ce n’est pas très grave, c’est énormément d’audience mais très peu qualifiée ! Par contre si dans son parcours de recherche il a compris qu’il fallait qualifier sa recherche « chaussure blanche, baskets etc… » là, à ce moment là, vous devez y être.

Dans ce cas, on est sur un alignement sémantique, et intention. C’est un alignement qui devient intéressant, c’est comme ça qu’on procède en général, mais y’a eu des ratages hein !”

La Digitale : « Merci Thomas. »

 

Cet article a été rédigé par les Étudiantes de La Digitale. Découvrez leurs profils ci-dessous :

Interview Denis Jacquet Aurore LUCAS

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Louison LAGOUARDE

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Interview observatoire uberisation Sara LUCCHESE

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Marie KERJEAN

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