BizNext 2016 : Uberisation, Denis Jacquet

Le 8 décembre a eu lieu la 2éme édition de Biznext, avec comme intervenant principal Denis Jacquet. Il est intervenu sur l’Ubérisation. « Comment en tirer le meilleur en évitant le pire » en traitant sur l’importance du digital dans la société actuelle. A la suite de son intervention, trois membres de La Digitale sont allés à sa rencontre.

Interview à Biznext : Denis Jacquet et l’Ubérisation

La digitale : “  Quel est votre rôle chez l’Observatoire Ubérisation ? “

D.J. :Nous sommes deux à avoir co-fondés l’Observatoire, c’est tout récent il y a moins de 1 an. L’idée était simple : mettre autour d’une table des gens pas d’accord entre eux, et qu’ils arrivent à travailler et avoir une vision d’une monde commun, c’était un pari risqué, on ne savait pas si on allait réussir à le tenir. Et on a réussi, il y avait des gens pour, d’autres contre, mais surtout, des gens qui voyaient le monde à 360°. Chacun a tort ou raison, mais on a raison ensemble. On essaie de faire l’inverse des politiques qui répondent à des questions qui ne sont pas posées, nous on essaie de trouver des questions et ensuite on cherche à y répondre. On est plus de 120 aujourd’hui, il y a des syndicalistes, des politiques, des anthropologues, des grands groupes… Il y a de tout dans l’Observatoire !

La digitale : “ Vous parliez d’un monopole inquiétant de Google, quelle serait votre principale mise en garde ? “

D.J. :Vous savez, le rêve d’une entreprise c’est d’être monopolistique. Le monopole n’est pas un problème tant qu’il ne dure pas, tant qu’il peut être contesté et concurrencé. A partir du moment où sur le digital, la data, la santé, l’éducation, tout tourne autour d’une seule entreprise, c’est hors des choses qui définissent la nature de l’être humain. Si Google est seul sur Terre, sur son créneau, cela finira forcément mal. Cela ne peut pas finir bien, c’est impossible, ça défierait toutes les lois de l’humanité, je n’y crois pas un instant. Je précise que je n’ai rien contre Google, mais j’ai tout contre un Google seul, ce qui est très différent…

La digitale uberistation

La digitale : “ Pensez-vous que la France pourrait s’imposer contre les géants internationaux? “

D.J. :En fait, cela ne peut se faire qu’à l’échelle européenne, mais il faut bien commencer par quelque chose… L’idée de la France, c’est qu’on a une forte créativité, une bonne formation, un réseau de start-up plutôt bon. Le problème avec les start-up c’est qu’elles meurent au bout de 3 ans. L’enjeu aujourd’hui ce serait d’avoir des grosses boites qui grossissent et qui s’imposent mondialement. Pour réussir à influer, il faut créer un nouveau modèle social, je pense, bizarrement, que c’est la base pour créer un modèle digital. Si les modèles digitaux suppriment la place de l’homme, ils dureront un temps, mais pas longtemps. Alors que si on a un modèle social sur lequel le digital peut devenir perren, là ça peut tout changer, et je pense que la France à la capacité de faire cela. Parce qu’elle vient de tellement bas, qu’en faisant quelque chose de plus souple, elle peut imposer au monde un modèle, surtout avec le soutien de l’Europe. Cependant, il faudra malheureusement passer par du protectionnisme, la Chine, les allemands et les américains le font, et c’est le seul moyen de créer des champions. Pendant 3 ou 4 ans on préserve nos boîtes, et quand elle font 500 millions on les lâche. Par contre, il faut aller vite, ça doit se passer dans les cinqs prochaines années. C’est pour ça que j’étais désespéré en regardant les primaires, il n’y en a pas un seul qui a employé le mot digital !

La digitale : “Pour conclure, pourriez-vous répondre à la question de votre livre : Ubérisation un ennemi qui vous veut du bien ?”

D.J. :C’est en faisant le choix de société que l’on veut avoir et en mettant l’homme en avant. Si on considère qu’il n’est juste qu’une variable d’ajustement, comme c’est le cas aujourd’hui, il va être encore plus écrasé. De ce point de vue là, je suis assez pessimiste, la France peut influer sur des modèles mais elle ne pourra pas les transformer, que voulez-vous faire contre les États-Unis et la Chine associés ? On peut envoyer des petits cailloux, ça fera du bruit à la fenêtre mais ça ne la cassera pas. “

La digitale : “ Merci beaucoup pour cette interview. ”

D.J. :Merci à vous, avec plaisir. “

 

Cet article a été rédigé par les Étudiants de La Digitale. Découvrez leur profils ci-dessous :

Interview Denis Jacquet Aurore LUCAS

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Louison LAGOUARDE

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Interview observatoire uberisation Sara LUCCHESE

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